Regarde une fleur,
c'est l'univers.
Regarde une graine,
c'est l'univers.
Regarde un miroir,
c'est l'univers.
Chaque fois que je prépare une expérience en tantra,
chaque fois que je médite je me pose cette question :
Qu'est-ce qui permet de dire : « Ça, c'est du tantra. Ça, ce n'est pas du tantra. »
En effet, rien ne permet a priori de reconnaître une séance de tantra.
Lorsque je rentre par exemple dans un dojo zen, aucun doute n'est permis,
je suis bien dans un milieu zen et c'est bien du zen que nous y faisons.
Quand j'arrive dans un cours de yoga, il suffit de quelque secondes pour se rendre compte de ce qui s'y passe. Idem si je vais suivre un enseignement védantiste, bouddhiste ou autre.
Rien de tel dans le tantra.
Chaque instructeur fait sa soupe et souvent, les même expériences et exercices
se retrouvent dans certaines sessions de psychothérapie, de kundalini yoga, de vipassana...
Faisons abstraction de ceux pour qui le tantra est une sexologie vaguement teintée d'orientalisme, ceux pour qui c'est une variante de new-age où chacun échange ce qui arrive à ses chakra comme avec un bulletin médical. Ne comptons pas non plus ceux pour qui c'est un mot très en vogue permettant de s'attirer le fric d'un public confiant et naïf, oui, faisons donc abstraction de tout ceci !
Qu'est ce que le tantra ?
Rien de plus difficile à définir.
Par exemple, dans une interview d'instructeurs très connus, la première question est justement : qu'est ce que c'est le Tantra ?
Leur réponse donne des indications : établir des relations harmonieuses, un art de vivre,
une approche qui dit «oui» , le monde reflet du divin...
Mis à part que ce ne sont que des mots creux standardisés et répétés à outrance par tous les "spiritualistes", ceci se retrouve dans la plupart des voies spirituelles et ne me permet pas de mieux appréhender ce que peut être cette Essence que j'essaye de saisir.
Face à la même question, une autre se heurte à la même difficulté :
Elle cite justement l'Essence du Tantra mais en parlant du yoga tantrique alors que la tradition donne le yoga et le tantra comme des démarches radicalement opposées (voir la citation du kulanarva tantra). Elle ne dit pas ce qu'est cette Essence sauf que son effet est «d'ouvrir une porte sur un espace infini de présence» ce qui n'a rien de spécifiquement tantrique.
Rien là dedans qui ne se retrouve également dans toute voie authentique et n'est pas une définition du tantrisme.
Un troisième, interrogé là-dessus parle de moyens pratiques, d'énergie/conscience, de matière conditionnée/conscience inconditionnée, la vérité amour, science de la consciencelien vers un autre site...
Là, ça commence déjà à acquérir un peu plus de spécificité mais encore trop vague pour une véritable définition.
Pourtant, à travers tous ces textes, je ressens ce qui s'exprime et c'est peut-être ça l'Essence du Tantra :
Indicible en mots,
seulement ressentie avec le coeur.
Peut-être oui, et peut-être pas... alors, je me permets de lancer quelques réflexions sur ce qui, pour moi est véritablement l'Essence du Tantra... j'attends vos réponses et réactions...
Tout d'abord quelques préliminaires :
Toute croyance est bonne du moment qu'elle mène à plus de conscience et dans le tantrisme, les croyances sont abordée en ayant conscience que ce ne sont que des croyances, des béquilles évolutives et non pas des vérités fondamentales intrinsèquement vraies.
Le tantrisme, c'est la liberté. Le chemin de la libre expérience du monde.
N'importe quelle croyance, n'importe quel enseignement fait obstacle à cette liberté.
Pour accéder à cet espace de jouissance, le tantrisme exige de se dépouiller de toute référence à une croyance. Que cette croyance soit spirituelle ou intellectuelle, sociale, culturelle, familiale ou tenue d'un maître.
Cette liberté par rapport à toute croyance et tout enseignement est spécifiquement tantrique car dans n'importe quelle autre voie, adhérer à des croyances est un préalable incontournable :
croire en Dieu ou en des dieux, croire au bien et au mal, croire que tel comportement est plus méritant, que tel objet est plus sacré, que telle pensée est plus précieuse...
A contrario, les expériences que le tantrisme propose, nécessitent d'abandonner toute analogie avec les chaînes du passé. Et ce sont des chaînes sinon, vous seriez déjà libres.
Vous vous seriez donné la liberté
de vous laisser pénétrer par Shiva et embrasser par Shakti.
Être ouvert aux expériences nouvelles est difficile.
Une expérience ne confirmant pas les croyances n'est tout simplement pas perçue.
Elle est occultée ou éliminée ou, dans le meilleur des cas, déformée pour cadrer avec les croyances.
La démarche tantrique est uniquement expérientielle. Rien n'est bon ni mauvais. Le seul critère de jugement est : cette pratique est efficace et celle-là ne l'est pas ; efficace dans la découverte de la réalité s'entend.
Cet aspect basé sur l'expérience rapproche le tantrisme de la démarche scientifique.
Dans cette science tantrique, la réalité est décrite comme composée de 36 éléments,
les tattwa qui en constituent la base conceptuelle empirique.
Les expériences consistent en tout un panel de pratiques.
Celles-ci sont tirées de toutes les traditions avec lesquelles le tantrisme a été en contact au cours de son histoire, animisme, shamanisme, védisme, hindouisme, bouddhisme, islam, jaïnisme... parmi toutes ces richesses exceptionnelles, ne sont retenues que celles qui révèle la connaissance du réel. Tout superflu relevant d'une culture, d'une croyance, d'une religion, d'une philosophie particulière en est soigneusement retiré.
La pratique tantrique met l'accent sur les événements : être attentif aux événements quels qu'ils soient.
Tous les événements se doivent d'être inclus dans les perceptions. Aucun n'est à négliger ou rejeter.
La réalité, telle qu'elle est, sans rien rajouter, sans rien enlever
Mais tout ceci n'est pas encore l'Essence du Tantra. Ce sont simplement des préalables que l'on peut pour certains trouver aussi ailleurs.
L'Essence se retrouve à mon sens simplement dans le mot spécifiquement tantrique qui désigne la fin de la recherche, l'aboutissement de la voie, l'étanchement de la soif.
Ce n'est pas le moksha qui n'est que la sortie des illusions, étymologiquement se libérer des possessions ;
ni le samâdhi qui n'est que l'élimination des pensées parasites. Les idées suggérées par les racines du mot sont : placer au même niveau que, sans aucune direction particulière, mis dans un état normal ;
ni le nirvâna : dont le vrai sens est disparition du souffle, dépourvu de vie, sans présence, mort.
Le tantra définit le mahodaya signifiant : grand bonheur, très prospère, prééminence, souveraineté, succès réjouissant, se sentir très chanceux, grande apparition, lever du soleil.
Le mahodaya est décrit comme la cessation du moi "égoïque" et simultanément la liberté totale d'action dans un univers identifié à la présence de Soi.
C'est à dire samâdhi et moksha.
Et c'est cela, L'Essence du Tantra.
Le but du Travail que nous proposons est d'explorer les premières marches menant à la spiritualité.
L'Essence du Tantra est une véritable voie et comme telle, elle demande que vous décidiez de vous y engager vraiment car la spiritualité n'est pas du consommable-jetable faisant fi de ce que les véritables sages et saints n'ont acquis qu'après vingt ou trente ans de pratiques 24h/24. C'est une attention permanente, dans la vie de tous les jours.
C'est là, dans la Vie Telle qu'Elle Est que l'on intègre les apprentissages et les acquis découverts dans les expériences de groupe que nous proposons. Ce qui implique d'abandonner la recherche du bonheur provisoire et mesquin centré sur sa propre personnalité restreinte pour entrer dans la jouissance de la Vie Telle qu'Elle Est
avec le bonheur et la tristesse,
l'humour et la désillusion,
le oui et le OUI.