Les Simpli-Cités veulent aider à leur façon à sortir d'un certain degré de barbarie en invitant à vivre maintenant une vie basée sur l'Amour, la compassion et la liberté.
Excusez nous d'employer de grands mots mais n'est-ce pas ce que chacun recherche pour lui-même ?
Malheureusement, il manque à ces mots non pas une définition académique mais une définition Humaine.
Ne la cherchons pas. Nul besoin de mots car le langage fait barrage à la Vie en enfermant dans la boîte de notre crâne ce qui ne peut éclore que d'une adhésion spontanée et radicale à la Vie.
Tout ce qui reste au commun des mortels c'est d'observer la vie des maîtres éveillés et d'essayer de comprendre comment leurs actes et leurs vies expriment l'Amour, la compassion et la liberté.
Ce qu'est un éveillé est une question source de nombreuses confusions d'où découlent de nombreux conflits. Pour éviter cet écueil contradictoire avec le propos des Simpli-Cités, fermons le débat en définissant (académiquement !) les maîtres éveillés par deux critères seulement :
Bien entendu, loin de nous l'idée de vous pousser à suivre un maître en tant que disciple. Cela est d'une part contradictoire avec la liberté et d'autre part, va à l'encontre de ce que disent les maîtres eux-mêmes en souhaitant à leurs disciples de prendre leur autonomie, voir de s'éveiller eux-mêmes (mais, bon, faut quand même pas rêver).
Nous ne vous poussons pas à la consommation et sans nous contredire, suivre un enseignement spirituel reste tout de même indispensable.
Il est impossible de comprendre les actes et la vie des éveillés sans l'éclairage d'un enseignant spirituel. Sans ça ce ne serait qu'interprétation n'apportant aucune compréhension ni évolution.
Gardons-nous également de confondre enseignant spirituel et maître éveillé mais cela est un autre problème merveilleusement résumé par Éric Baret dans son livre Le sacre du dragon vert :
« Il faut faire une grande différence, une totale différence, une absolue différence entre un maître et un instructeur spirituel. Le maître est ce que l'on appelle un guru. Le guru, c'est celui qui est pleinement établi dans la vérité, dont la présence se reflétera dans la présence de l'élève. Son enseignement n'a aucun sens : il n'enseigne pas. Son être seul est son enseignement. Il y a des gurus qui formulent, répondent à des questions; il y en a qui ne répondent pas. Les paroles de ceux qui répondent ne constituent pas leur enseignement véritable.
L'instructeur spirituel, c'est quelqu'un qui a eu un pressentiment profond de la vérité et qui s'est rendu compte de ses antagonismes, mais qui n'est pas établi sciemment dans la vérité. Il a des moments où les éléments supérieurs à ses capacités passent à travers lui, où un enseignement, un courant peut s'exprimer ; il peut participer au cheminement d'un de ses amis. »
Les Simpli-Cités sont des lieux de vie dans lesquels la Découverte de Soi est prioritaire.
Pour créer l'atmosphère propice à ce but, chacun doit s'y sentir protégé et soutenu.
L'évolution véritable dans la Découverte de Soi ne peut s'effectuer qu'en sortant des habitudes.
Dans les Simpli-Cités donc, nous cherchons à créer une façon de fonctionner hors des habitudes. Chacun se crée des habitudes pour essayer de nier la peur. Les habitudes cachent la peur mais ne la font pas disparaître. C'est ce qui fait que de plus en plus d'habitudes sont crées et qu'en avançant en âge, les habitudes sont tellement dominantes dans le fonctionnement qu'elles en deviennent sclérosantes.
Chez l'humain, la source de la peur est la non-adaptation à l'environnement. L'humain est un animal fonctionnant sur la peur parce qu'il n'a pas de poils contre les rigueurs climatiques, pas de griffes, de cornes ni de dents pointues pour lutter contre les prédateurs ou être lui-même prédateur. Dans un monde primitif, il n'a pu compter que sur son intelligence pour survivre. Mais l'intelligence lui donne en même temps conscience de son insuffisance et la peur surgit de cette conscience de son insuffisance.
De nos jours même, l'enfant n'est fini intellectuellement, physiquement, émotionnellement qu'à l'âge de 9 à 12 ans et dépend de son entourage pour sa survie. Aussi scandaleux que cela puisse vous paraître (et ça l'est !), son entourage ne répond que tellement rarement à ses vrais besoins que l'enfant se sent en état perpétuel de survie d'où émergence à nouveau de la peur.
Peur de mourir et donc de vivre !
Peur de la vie et donc de la mort !
Dans le système de la palette émotionnelle, l'adaptabilité est le correspondant équilibré de la peur.
Le mode de vie Simpli-Cité propose de détruire les habitudes pour rentrer dans l'adaptation et découvrir un monde où les actes ne sont pas dominés par la peur.
Savoir s'adapter est la clé pour sortir de la peur et vivre libre.
L'objectif n'est pas de créer un nouveau monde puis de rester entre nous mais de permettre à la Vie de passer en nous comme elle veut. La société telle qu'elle est pour le moment ne propose que des cadres dans lesquels on entre ou on n'entre pas mais elle ne permet pas à chacun de se sentir "non séparé" des autres, de la Terre. Elle développe ou écrase la personnalité mais ne nous autorise pas à refléter ce que l'on est vraiment.
Les Simpli-Cités sont des endroits protégés où il est possible de sortir des habitudes. Chaque détail de la vie de tous les jours peut être utilisé pour ça. Par exemple, pour les repas, on décide de manger avec les doigts ou assis par terre, avec des couverts en argent ou des bols, sur une chaise ou dans un lit... pour éclairer une pièce, les interrupteurs se commutent avec le pied, avec un cordon...
Pour nous amener à ne rien faire machinalement, par réflexe, habitude.
Je vis là, maintenant, je suis présent à ce que je fais.
J'arrête d'occuper mon mental avec des projets, des représentations de ce que sera ma vie quand telle ou telle chose sera faite ou finie.
Je construis une maison, j'aime faire ça, je ne le fais pas pour avoir fini cette maison. Quand elle sera faite, je serai content de l'avoir faite mais ma seule envie est d'être en train de la faire pas d'avoir fini. Et si elle ne se finit pas parce qu'il pleut ou que quelqu'un m'appelle ailleurs, c'est bien aussi. Je la finirai à un autre moment ou peut-être jamais et ça n'a aucune importance.
Depuis que nous sommes à l'écohameau, des visiteurs nous disent parfois : « vous en avez encore pour 10 ans de travaux » comme si on était à plaindre et que dans 10 ans on sera peut-être heureux. Mais nous sommes heureux en faisant ces travaux ou en ne les faisant pas. Nous vivons là maintenant une vie bouillonnante, simple et tranquille, sans autre but ni objectif .
Les Simpli-Cités ne sont pour le moment qu'un germe, un bébé dont il faut diriger les premières expériences pour en faire un adulte accompli.