TANTRA : LA MORT

Dans l'optique tantrique, il n'y a pas de réincarnation et pas de karman car :
JE SUIS LA SHAKTI ÉTERNELLE ET SANS SECOND.
JE SUIS LE TOUT, TOUJOURS ET PARTOUT.

La localisation espace-temps-ego n'est qu'une impression issue de l'activité mental. La Présence n'a aucune limitation

elle est ici et partout
maintenant et toujours.

Dans la dimension de la conscience

hier et demain sont un présent absolu.
Ici et ailleurs sont présence absolue.

L'ego est le fruit de l'activité du système nerveux. Quand le cerveau cesse de fonctionner, l'ego disparaît.

Les images rapportées par ceux qui ont expérimenté une NDE ne prouvent nullement une après vie. Elle peuvent très bien n'être que la signature de l'emballement de l'ego, les derniers sursauts d'agonie d'un mental devenu fou de se voir disparaître. L'activité cérébrale qui saute, chaotique, d'une cellule à une autre à mesure qu'elles cessent leur activité en s'endormant par anoxie.

Qu'est-ce qui pourrait se réincarner ?

Comme le disait Gurdjieff : «  Pour se réincarner, il faut avoir quelque chose à réincarner », précisant plus loin que rares sont les gens qui ont ce quelque chose. Il faut avoir atteint un niveau minimum de conscience pour que ce quelque chose existe.

Nous Occidentaux sommes culturellement conditionnés à ne pas remettre en cause la réalité et la permanence du moi. Selon que nous soyons athées ou croyants, nous affirmons soit le néant absolu après la destruction du support biologique, soit la subsistance de l'âme ou de l'esprit ( les mots attendent encore une définition théologiquement valable sur laquelle toutes les écoles seraient d'accord, preuve que le concept même n'est que spéculatif ).

« La nature de l'ego consiste à tout vouloir s'approprier, à convertir en possessif l'insaisissable écoulement du devenir [...] (la mort) est le seuil absolu de cette insaisissabilité. Devant son inconnu et son mystère, l'ego est brusquement suspendu au fil de sa propre impuissance. Sa vieille incantation « Moi ! Moi ! Moi ! » résonne tout à coup comme un couinement affolé, dérisoire, dans l'infini silence... »

in Le grand livre de la spiritualité orientale

Le point de vue hindouiste sur la réincarnation, point de départ des spéculations modernes sur le sujet, doit être compris à deux niveaux : le premier décrit les voyages de l'individualité de vie en vie, de monde en monde. Ce point de vue, destiné aux masses populaires incultes, laisse entendre qu'une entité se réincarne en se débarrassant de ses corps comme on le fait d'un véhicule.

C'est malheureusement ce niveau qui a été répandu en occident. Quand nous sommes si fiers de raconter l'histoire et les aventures de nos vies passées, dans la peau de personnages célèbres, au comportement noble... nous affabulons totalement car pour les hindouistes, la réincarnation n'est pas un cadeau : c'est une punition. Pour eux, la vie n'est que la preuve de notre incapacité.

Le deuxième niveau réservé aux chercheurs d'absolu, enseigné aux moines et aux disciples cultivés tient compte du caractère illusoire de l'ego. Dans ce contexte, ce qui se « réincarne », ce sont les « impressions résiduelles et demandes latentes issues des ambitions inassouvies, des besoins non comblés, des occasions perdues ».

Tant pis pour ceux qui ont besoin de la croyance en l'après-vie pour accepter leur vie. Il n'est pas question d'accepter de se raccrocher à ce qui ressort du processus de la croyance. La spiritualité a trop souffert de l'incarnation ( ! ) de celle-ci dans la religion.

Denise Desjardins décrit parfaitement le processus dans La mémoire des vies antérieures :

« À chaque refus de ce qui est mais ne se produit pas selon notre attente, l'impression se cristallise, créant une tension. Plus (l'événement) est refusé, plus le nœud se resserre. [...] (l'impression) devient un centre de forces dont les vibrations [...] essayent de s'actualiser dans un autre corps et de réaliser ce qui n'a pu être accompli. »

« Ce qui ne meurt jamais » ainsi que l'appelle Rajneeshlien vers un autre site peut être imagé comme un Champ Global de Conscience couvrant l'univers dans son entier, imprégnant toute chose.

Par l'intermédiaire de ce Champ Global de Conscience, une personnalité déterminée peut communiquer à travers l'espace et le temps. Les exemples de réception d'une personnalité du passé pourrait faire penser à une réincarnation à condition de faire abstraction des exemples réels et constatés bien que rares de réception d'un personnage du futur voir même du présent.

Une personne vivant un événement traumatisant ou une personnalité particulièrement forte ou faible ( ce qui est la même chose : dans le premier cas, la perception traumatisante est ponctuelle dans le deuxième, elle est permanente ) ont une plus grande facilité à lâcher l'illusion d'être à un endroit et à un moment déterminé, un ego déterminé et donc à entrer inconsciemment dans cette situation transpersonnelle-transtemporelle.

Les réincarnations sont toujours celles de personnages remarquables, caractéristiques ou ayant souffert une abomination. Connaissez-vous la réincarnation d'un p'tit mec insignifiant, ayant eu une vie fade, sans rien de caractéristique, pas de mélodrame, pas de grandes œuvres, ... rien ? C'est bien rare, pourtant ce sont bien ceux là qui se réincarnent préférentiellement d'après la doctrine hindouiste... mais cela ne flatte pas l'ego du récepteur.

La mort est un événement traumatisant si il en est, raison pour laquelle les visions des vies passées sont souvent des visions du moment de la mort.

Il est intéressant de remarquer que la réception de personnalités autres par le champ de conscience s'effectue par affinités : un corps semblable ou une structure psychologique identique ou un vécu proche.

Pas de réincarnation au sens propre d'où pas de karma. Le karman, à l'origine, n'est pas lié à la réincarnation. Les Veda ne font aucune mention de ce genre de chose.

Dans ces textes, le karman désigne simplement les actes. D'où résultent bien évidemment des conséquences. Il n'est nulle part question de prix à payer.

Au moins 8 siècles s'écoulent avant qu'il ne soit fait mention d'enchaînement, de cause et d'effet. Il est dit que « quand bien même il ferait mille sacrifices et autant de pénitence, tant qu'en l'homme, la cause produit les même effets, rien ne change jamais. »

( Ce qui prouve que la nécessité d'effectuer un travail psychothérapeutique de base est connu depuis la plus haute antiquité. )

C'est à partir de la Bhagavad Gîtâ qu'il est dit que ce qui enchaîne l'homme à renaître sans fin c'est son attachement à ses actes. Pour se sortir du cycle infernal, l'homme doit atteindre l'état dans lequel il ne s'identifie plus au fruit de ses actes. Il vit dans une fusion naturelle avec ses actes qui ne sont motivés que par leur adéquation à l'instant présent.

Le Bardo Thödol, le livre de l'au-delà des Tibétains, est le texte principal de référence.

C'est un enseignement tantrique bien que la vision du monde à la base des textes soit surtout buddhiste. ( Même en spiritualité, il faut sacrifier à l'esprit dominant ! )

Ce texte fait état de la possibilité d'atteindre pleinement la libération lorsque l'esprit se détache du corps au moment de la mort. Qu'on ne se fasse pas illusion, il est bien précisé que cela n'est pas valable pour la quasi totalité d'entre nous qui sommes identifiés au niveau égotique car la mort s'accompagne d'un évanouissement et entraîne de façon automatique une réincarnation conditionnée par les actes auxquels on s'est attaché durant sa vie.

Il n'y a aucune continuité de conscience entre cette nouvelle vie et la précédente. La personnalité est dissoute pour se fondre dans les forces ancestrales de sa lignée. Reste ce que les bouddhistes appellent sañtâna : flot continu, succession, continuation, série, cohésion, liaison, alliance, suite de pensées.

C'est, dans ce contexte particulier une force irrationnelle provoquant la cohésion des états et des éléments formant une individualité.

Traduction en langage moderne : l'ego disparaît. Ne restent que les actes qui ont marqué notre passage sur Terre.

Pour les autres, ceux qui ont déjà parcouru un morceau du chemin, ceux qui ont dans une certaine mesure déplacé le centre d'eux même hors de la pure existence du sañsâra, ceux qui, par un nettoyage émotionnel et structurel intense, ont atteint au moins le premier degré de la non identification personnelle.

Pour ceux là donc, c'est le moment de s'unir à la lumière, d'achever toute possibilité d'identification personnelle en acceptant de se fondre dans ce que nous sommes déjà : La Conscience Éternelle.

La réincarnation est abusive,

le karman illusoire,

nous sommes donc libres de vivre notre vie car

JE SUIS LE TOUT,
AUJOURD'HUI, HIER ET DEMAIN,
ICI ET LÀ-BAS.

Du vide

Ainsi qu'un photon au coeur du soleil
Comme une bulle d'écume ne naissant sur la vague
que pour mourir dans la suivante
C'est tellement bon d'être
Rien

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