LA QUÊTE SPIRITUELLE

Pourquoi des millions de gens cherchent l'éveil avec si peu de réussite ?
Les religions promettent le paradis après, toujours après quelque chose :
Si tu te conformes aux écritures sacrées, tu auras le paradis.
Si tu crois aux anges ou aux extra-terrestres, tu auras le paradis.
Si tu médites comme le dit ton guru, tu seras éveillé.
Si tu maîtrises la machine à biofeedback, tu auras le monde dans ta main.
Si tu fais ce que dit le maître, tu connaîtras l'amour, la joie, la paix.
Quelle est la pulsion qui pousse l'humain à toujours chercher autre chose ailleurs, plus tard ?
D'où vient la pulsion de recherche spirituelle ?
Est-ce une pulsion fondamentale ?
C'est bien la peur de la mort qui pousse à chercher à "être sauvé". Tu as peur de mourir et tu veux à tout prix préserver ton petit ego mesquin de l'inéluctabilité de sa propre disparition. Parce que tu sais bien que tu es cet ego et tu sais bien aussi que si il disparaît, tu disparais avec.
Aïe aïe aïe ! sacré ego !
Dans le milieu de ce qu'il est convenu d'appeler "le développement personnel", les assidus se complaisent à le mettre à toutes les sauces. C'est devenu l'insulte suprême : «C'est ton ego».
Pourtant, ceux qui disent cela n'ont pas compris que si ils n'avaient pas eux même d'ego, ils ne verraient pas son reflet chez l'autre.
Mais tu sais aussi que ce n'est pas conditionnel. Ce n'est pas "si il disparaît", c'est "lorsqu'il disparaîtra". Et l'ego ne peut pas accepter sa propre disparition.
Accepter sa propre disparition lui est intolérable.
La peur de la mort découle nécessairement de l'existence de l'ego.
Ce qui est à comprendre de ce processus c'est que l'ego n'est que l'instinct de survie fondamental. Sans lui, tu ne vivrais pas, tu ne saurais même pas que si tu te trouves au milieu d'une autoroute, le corps risque d'être détruit. Tu ne saurais même pas manger, ni boire, ni même respirer. Toute vie est impossible sans instinct de survie.
Comment l'instinct de survie devient-il ego ?
C'est lorsque l'instinct de survie prend toute la place, dicte tous les actes même les plus anodins qu'il devient ego.
Et c'est un cercle intolérable :
La peur de mourir laisse carte blanche à l'instinct de survie car c'est justement une garantie de pouvoir vivre. Encore un peu.
Et plus l'instinct de survie est mis en oeuvre, plus l'individu prend conscience de sa mortalité potentielle et donc plus il fait confiance à son instinct de survie.
Et ainsi, le piège de l'ego c'est que même les actes dits altruistes sont dictés par l'instinct de survie surgonflé.
Au péril de ta vie, tu sauves un inconnu de la noyade, de la maison en flammes, de la faim, de la torture simplement parce que tu projettes en lui tes propres peurs, tes propres fantasmes. Tu te vois à la place de cet infortuné et tu agis pour nier l'existence de la mort. Cet acte te permet de continuer à croire en ton impossible immortalité :
«J'ai sauvé quelqu'un de la mort donc elle n'existe pas ! ».
C'est le fantasme enfantin de toute puissance.
Cette volonté de pouvoir ne peut mener qu'à la souffrance car le pouvoir absolue n'existe évidemment pas et même si intellectuellement tu le sais, tu n'agis en fait pratiquement jamais en fonction de ce savoir.
La souffrance est causé par la volonté de pouvoir
La souffrance n'est jamais qu'un des extrême du balancier souffrance/plaisir qui mène l'ego dans son tourbillon perpétuel.
La générosité et la pitié communes sont dictées par l'ego, découle de cette perception souffrance à fuir/plaisir à rechercher.
Mais bien sûr cela ne signifie aucunement que sous prétexte de vouloir être hors de l'ego, nous laissons les autres se noyer autour de nous. Simplement, c'est une autre motivation qui agit, d'ailleurs, ce n'est même plus une motivation. Lorsque il n'y a plus d'ego, d'identification à l'instinct de survie, il n'y a plus de motivation, il ne reste que l'acte pur, sans motif, sans objectif. Comme un jeu !
Sortir de cette identification est un travail long et semé d'embûches mais tellement joyeux et léger que rien dans la vie ne surpasse le bonheur d'un tel travail. Surtout quand le bout est atteint.
Ce travail demande un effort à la personnalité égotiquement identifiée mais c'est là la seule véritable évolution spirituelle.
Il prend l'individu à rebrousse poil. Se coltiner sans concession à tous les caprices, mensonges, manipulations, faux-semblants de la personnalité identifiée même quand cela ne lui fait pas plaisir !
L'évolution passe par la volonté d'abandon. Tout abandonner : obligations, habitudes, travail, famille...
Et oui, même la famille est une chaîne. Je ne suis ni bouddhiste ni chrétien mais le premier enseignement du buddha et du christ est curieusement le même : «tu n'es pas mon père, tu n'es pas ma mère, tu n'es pas mon épouse, ce n'est pas mon fils.» (en vrac ! restitue à chacun ses propres paroles). En passant : l'apologie de la famille faite actuellement par les chrétiens prouve la dégénérescence de l'enseignement originel...
C'est d'ailleurs pour cela que j'ai un instinct de survie qui me dicte de me méfier des enseignants dits spirituels qui se présentent de façon très socialement corrects, les cheveux bien coiffés, la montre au poignée, la chemise bien repassée. Ils n'ont rien de spirituel si ce n'est leurs discours de perroquet et tous les gogos qui les suivent parce que c'est ce genre de discours qu'ils veulent entendre. Ça les rassure et les conforte dans leurs comportements basés sur le pouvoir et l'égotisme. Bien propres sur eux, ces faux enseignants ne sont que des pièges à fric.
Si ces soi-disant maîtres ne sont pas assez libres pour s'affranchir des apparences de la culture dominante, que vaut leur enseignement ?
Oh je connais bien l'argumentation "si on fait peur aux gens, qui va leur enseigner ?"
Eh bien non, la complaisance n'a jamais libéré personne.
Tant que tu maintiens l'illusion de l'identification, tu maintiens le tout pouvoir de l'instinct de survie et... tu restes mortel !
Rassurer et conforter et laisser les esclaves dans leurs malheurs et la société de consommation qu'ils contribuent à entretenir comme des décérébrés n'est pas une voie d'évolution mais fait le jeu de l'involution en réadaptant ceux qui ont soif à la sécheresse.
Tant que tu limites ton identification à un corps déterminé, tu restes limité à une identification particulière paramétrée de façon définie en espace-temps-ego.
En sortant de la restriction identitaire, tu deviens ce que tu perçois. Tu deviens le son que tu entends, les couleurs que tu vois, les odeurs que tu sens...
Dans cet univers étendu, les pensées et les émotions deviennent elles-mêmes des perceptions au même titre que ce qui te parvient par les organes des sens et tu comprends alors qu'elles sont de simples stimuli sensoriels et non ta propriété personnelle.
Lorsque le miracle de la libération des identifications se produit c'est comme de passer d'une télé en noir et blanc à un home-cinéma. L'univers entier devient vivant. Tu es tout ce que tu perçois ou connais et il devient impossible de mourir. Tu n'es pas un objet particulier. Et lorsque un corps meurt, ce n'est qu'une cellule parmi d'autres dans le corps universel que tu es.

L'attente

J'attends...
J'attends quoi ?
D'être moi ?
Liberté d'être moi ?
Que m'apporte l'attente ?
Sans objet, sans but
bien sûr être encore plus
dans l'atten... tion.
Je suis là
ce que je perçois
maintenant que n'est plus...
la ten... sion de vouloir
de pouvoir et d'envie.
Surgit tout ce qui était caché
derrière la tempête
des sens et désirs.
L'impersonnel et l'atem... porel
touche au coeur de la ten...
dresse... ce que je suis.
Atten... tat à la fureur...
de l'ego
tranquille
j'attends, j'attends...

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